De Figaro à Figari !

Jour du départ pour la Corse : Nos 2 chats, dont le terrible Figaro, ont été traitreusement abandonnés à notre voisine septuagénaire avec un sac de croquette fraichement déballé. La maison fermée, on charge les bagages dans la voiture, et nous voici parti direction l’aéroport de Perpignan.

Non sans avoir fait une dernière vérification des informations météo sur Ajaccio et Figari, on file direction AéroPyrénées, où nous attend le F-GEOQ, le Piper PA28R201 avec lequel nous allons nous envoler pour l’île de Beauté.

Malheureusement pour nous qui souhaitions rester discret, c’était les journées portes ouvertes du centre de formation AéroPyrénées. Alors les avions étaient déjà tous dehors, par contre niveau discrétion,  avec nos 60 kg de bagages, autant dire qu’on est pas passé inaperçu. Entre l’équipement de randonnées, les habits pour le mariage (auquel on se rendra en fin de semaine à Porto-Vecchio) et le matériel de kite pour 2 personnes, le PA28 malgré sa bonne capacité de chargement n’a pas le volume du coffre du XC90 ! Le calcul de masse et centrage lors de la préparation du vol, m’a permis de voir qu’avec les pleins (et donc 6h30 d’autonomie), il me restait juste quelques kilos de disponible pour prendre un peu d’huile que l’on ne trouvera nul part, les mécaniciens restant introuvables avant notre départ. Conscient du problème que peu poser le manque d’huile une fois à destination, mais voyant l’heure tourner, je décide néanmoins de partir, en espérant trouver le cas échéant une solution sur Figari.

A 10h35 on décolle enfin de l’aéroport de Llabanere et on prend le cap pour Montpellier. La route prévue pour rejoindre Figari était LFMT (Montpellier), puis la verticale du VOR de Martigues, LFMQ (Le Castellet), le VOR de Saint Tropez, puis la Méditerranée avec les passages obligatoires au dessus de LERMA, OMARD, MERLU et LONSU. Le tout au niveau FL75 avec une bonne visibilité (sans qu’elle soit pour autant exceptionnelle). Après m’être préparé en long, en large et en travers (au sens propre comme au sens figuré d’un point de vue aéronautique), le vol s’est déroulé sans problème pour le novice que je suis. Coté passager par contre, au dessus de Martigues, le stress a commencé à gentiment monter lorsque le voyant du mouvement du train d’atterrissage s’est mis à clignoter par intermittence. Je me rappelais alors vaguement lors de ma formation pour cet avion, que Yannick (mon FI) m’avait mentionné cet éventuel problème, et ne sentant aucun changement dans le comportement dans l’avion, je ne me suis pas du tout inquiété. Par mesure de sécurité, et en attendant de passer au dessus de Marseille, j’ai tout de même appelé mon instructeur (je sais c’est pas bien) avec mon portable (connecté au Lightspeed Zulu qui dispose d’un dispositif Bluetooth simple et très pratique pour passer la communication dans le casque) afin de me faire confirmer qu’il n’y aurait pas d’incidences sur la phase d’atterrissage. Ma passagère, à moitié rassurée, fait mine de ne plus regarder le voyant. C’est seulement sa 4ème heure de vol et je l’emmène direct au dessus d’une grande étendue d’eau avec un voyant qui serait d’une grande utilité si j’avais eu besoin d’une ampoule pour ma guirlande de Noël.

La traversée elle-même s’est très bien passée. Je l’ai appréhendée cette fameuse traversée, mais pas tant que ça, car finalement, j’ai été particulièrement bien conseillé et avisé, à la fois par mon instructeur (merci mon Yannick pour ta disponibilité et ta gentilesse !) et grâce aux nombreuses personnes qui m’ont prodigué conseils et encouragements sur le forum des Pilotes-Privés notamment. Effectivement, arrivé au point de report de LERMA, on ne voit plus rien, si ce n’est l’horizon artificiel et ses instruments qu’on se doit de suivre fidèlement. J’ai bien eu pendant quelques minutes (après le changement de cap à MERLU), la désagréable impression de ne pas voler droit, avec une « illusion d’inclinaison » (voir cet excellent article sur le sujet) mais là aussi, le fait d’avoir fait cet entrainement juste avant ce vol, et peut être aussi de m’être entrainé pendant le passage de la qualification vol de nuit, m’a permis de rester concentré et focalisé sur mes instruments. Ma compagne ne s’est aperçu de rien et ça n’a duré que quelques dizaines de secondes.

Quarante minutes environ après être passé au dessus de Saint Tropez, le moment magique tant attendu arriva : une côte se dessine peu à peu dans la brume et laisse deviner la célèbre « Kallisté » (en Grec : la plus belle). A 15 minutes seulement d’Ajaccio, l’expression « montagne dans la mer » prend alors tout son sens. Ma compagne s’inquiète de ses futures randonnées à la vue de neige sur les sommets. On est déjà depuis un moment avec Ajaccio Info. Et c’est peut être le fait de savoir qu’on va bientôt pouvoir se poser, mais on sent déjà une vrai allégresse dans la VHF. C’est à croire que le contrôleur devine que c’est notre première fois dans son espace aérien, car voila que pendant quelques minutes, nous avons droit à la présentation de la côte, des criques et petits villages qui se devinent au fur et à mesure que nous descendons.

Alors que je m’étais (bien inutilement) inquité des conditions météorologiques tout au long de notre parcours (il était annoncé un fort vent du Nord-Ouest avec pluie, 2 jours avant le départ), on a finalement eu droit à des conditions de vol particulièrement facile. Et J’ai presque eu des regrets de ne pas me frotter à un petit peu de vent sur la finale de Figari. Finalement ce vol a été beaucoup plus facile que prévu, du coup j’ai espéré (pour acquérir de l’expérience), avoir des conditions plus difficiles pour le retour.



8 réponses, Z'avez quelque chose à ajouter ? :)

  1. Le 25 mai 2009 à 10:46
    M de Guilhermier a écrit :

    top, petit veinard !

  2. Le 25 mai 2009 à 11:31
    Claude a écrit :

    Bravo Cédric! Étonnant de maitrise ce jeune pilote !
    Biz,
    parrain.

  3. Le 25 mai 2009 à 12:52
    Cyrilo a écrit :

    La classe quoi… C’est quand que tu fais le GR 10 vers Pau avec ton avion ?

  4. Le 25 mai 2009 à 14:03
    Alex a écrit :

    vachement sérieux le pilote… c’est du grand art couzinus

    t le meilleur !

  5. Le 25 mai 2009 à 19:43
    Ghislaine a écrit :

    J’avoue, avoir eu un peu peur de laisser mon Arrow préféré partir avec un si jeune pilote, mais juste un peu car pour vous avoir fréquenté ces derniers mois, je connaissais votre sérieux et je savais que vous sauriez profiter du vol sans faire d’imprudence. Parfait comme d’habitude. Le récit on a l’impression d’être dans l’avion et encore plus car j’ai eu la même « frousse » quand « l’ambre » c’est déclenché du à la pression au cours d’une turbulence sur un vol pour Lyon ! A quand le prochain voyage ?

  6. Le 25 mai 2009 à 22:20
    JC a écrit :

    Belle expérience pour un jeune pilote ! Toutes mes félicitations pour cette merveilleuse aventure. je pense que le mariage c’est aussi bien passé…

    A la prochaine.

  7. Le 25 mai 2009 à 0:30
    LJ35 a écrit :

    Bravo pour cette traversée réussie, ce n’est pas forcément évident quand la visi est pourrie…

  8. Le 25 mai 2009 à 22:58
    berno a écrit :

    Récit passionnant pour un tout nouveau élève pilote comme oim, ça donne encore plus envie… Une petite suggestion pour un prochain vol : ici en Suisse nous avons de magnifiques montagnes intéressantes à survoler et à parcourir à pinces aussi, vous qui êtes randonneur..

    A quand la qualification atterrissage en montagne?

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