Treck à cheval en Jordanie

Fin octobre, après une préparation du voyage quelque peu précipitée, nous nous sommes envolés via Barcelone, vers Madrid, pour ensuite nous poser à Amman, capitale de la Jordanie. Nous devons y rejoindre mes parents qui transitaient par Paris.

Un vol très agréable entre Madrid et Amman car pris en charge par la compagnie aérienne de Jordanie, la Royal Jordanian. Elle offre un vrai confort à ses passagers avec de la place pour mes grandes jambes ! Un vol avec des prestations de qualité, un vrai repas, des hôtesses particulièrement attentionnées, des gens souriants. On est à des kilomètres de la morosité ambiante d’un vol Air France !

Nous arrivons à Amman de nuit. Nous attend à l’aéroport notre guide attitré, Salem. Il nous conduit dans un hôtel qui semble à première vue plutôt accueillant. Les vacances commencent sur les chapeaux de roues, puisque le lendemain nous devons visiter le célèbre site de Pétra. Nous espérons donc prendre des forces pour la randonnée qui nous attend. Mais première grande désillusion : très loin du confort de mon oreiller Tempur et du calme de notre petite maison de campagne, voila qu’à peine couchés, l’hôtel semble vibrer au rythme de grosses basses bien puissantes. Je me rends à la réception avec l’air mécontent que mes proches me connaissent quand on m’empêche de dormir, et à ma grande stupeur, le réceptionniste m’annonce qu’une soirée est organisée chaque vendredi dans l’hôtel et que la musique devrait s’arrêter vers 1h du matin. La discothèque en question est tout à fait vide, mais la musique électronique arabisée nous promet de passer une très mauvaise nuit. Et naturellement, la notion d’heure là-bas est quelque peu différente de celle que l’on connaît, la musique ne s’estompant enfin que vers 4h du matin.

On est en vacance, on est de bonne humeur, je me réveille avec  vue depuis notre chambre sur une ville en plein chantier. Pas féerique pour un rond cette première nuit. On retrouve Papa et Maman, arrivés la veille quelques heures avant nous, et qui ont passés une toute aussi mauvaise nuit que nous. Nous retrouvons également Elisa, brésilienne qui complète notre petit groupe

Et nous voila partis pour 2 heures de bus pour la visite de Pétra.

Petra

Visite de Petra en famille

Pris comme jamais par mon travail, j’avoue avoir délégué à Amélie la préparation du voyage, et je n’avais qu’une vague idée de ce qui m’attendait. Je gardais en mémoire la scène de fin du film Indiana Jones et la Dernière Croisade (1989), où Harrison Ford et Sean Connery quittent au triple galop la vallée qui cachait « Al-Khazneh », le Trésor. Je pensais donc  avoir à visiter la façade d’un joli temple sans m’attendre à grand chose de plus.

Et ce fut donc un véritable choc pour tout notre petit groupe) lorsque l’on a compris que Pétra était en réalité un site immense composé de près de 800 monuments ! Je ne m’attarderai pas à vous décrire Pétra dans les détails, Wikipedia le fait bien mieux que moi. Mais ce que ne raconte aucun guide ou site Internet, c’est la magie que dégage Pétra. Je n’avais pas ressenti pareille sensation depuis très longtemps. Nous avons marchés pendant 7 heures, photographiés ce que nous avons pu, admirés les paysages du bout du monde après le monastère Deir, fait faire un tour de dromadaire à ces dames en toute fin de journée, dans un site désert et encore plus majestueux avec des couleurs différentes au fur et à mesure que le soleil s’éclipsait. Notre guide nous a expliqué que certains touristes pouvaient rester jusqu’à quinze jours sur ce site archéologique exceptionnel. Pétra s’étend sur une superficie d’environ 40 km², il y a sans doute des randonnées fantastiques à organiser, où la probabilité de rencontrer d’autres touristes est quasi nulle, puisque le monde se concentre habituellement sur le site principal. Nous y reviendrons sans doute un jour avec Amélie, car nous avons vraiment été émus devant tant de beauté. Et il faut savoir que le site est en fouille permanente.  Il reste encore 20m de hauteur de sable à retirer, avant d’arriver à la base de la façade de « Al-Khazneh », donc c’est un site qui est très loin d’avoir révélé tous ses secrets. Pour vous donner un ordre d’idée, aujourd’hui en 2009, la visite du site s’effectue 10m plus bas que l’année où a été tournée la Dernière Croisade d’Indiana Jones.

Après 7 heures de marche, et une nuit quasi blanche la veille, nous voila dans un hôtel où avant même de déballer nos affaires, notre priorité est de nous renseigner sur l’existence d’une discothèque. Ce n’est pas le cas cette fois-ci. Le lendemain nous devons faire connaissance avec nos chevaux, et entamer notre treck à cheval dans le Wadi Rum. A raison de 6 heures de cheval par jour, en plein désert, on s’attend forcément à souffrir un peu. On était loin du compte.

Amélie n’est pas (encore) une grande cavalière, c’est la raison pour laquelle avant de partir dans cette aventure, elle a pris des cours intensifs d’équitation, pour maîtriser son cheval à toutes les allures et pour avoir une bonne assiette (à cheval). De mon côté, ayant fait énormément d’équitation étant jeune, je ne me suis pratiquement pas préparé avant le voyage, misant sur le fait que le cheval ça ne s’oublie pas vraiment et que j’étais en bonne condition physique.

La pause déjeuner dans le désert

La pause déjeuner dans le désert

Nous arrivons au centre équestre perdu au milieu de nulle part, et l’on se retrouve face à face avec nos montures déjà pansées (on panse un cheval en le brossant, en nettoyant les sabots, etc.) et sellées. On a plus qu’à monter dessus, et suivre notre guide. Première constatation : les chevaux ne sont pas très grands, mais sont en superbe état. On sent immédiatement que ce sont des chevaux bien traités et musclés, et ça peut faire sourire, mais lorsque l’on est touriste et amoureux des chevaux, on est en droit de se faire du soucis pour nos montures.

Le treck commence ainsi : 3 heures de cheval le matin, une longue pose à midi pour éviter les heures chaudes aux chevaux (et aux cavaliers peu habitués aux 40°c en plein soleil), puis de nouveau 3 heures l’après midi, pour terminer la journée au bivouac où nous attendent les 2 vieux 4×4 de ravitaillement en nourriture et en eau : pour les chevaux, et accessoirement pour la douche (enfin si on peu appeler l’utilisation d’un arroseur dans une tente, une douche).

Maman-fierement-dans-le-désertLe désert de Wadi Rum impressionne par ses couleurs, la forme de ses roches. si j’ai bien tout compris, c’est l’une des plus anciennes strates géologique connue de l’écorce terrestre. Les montagnes qui donnent vraiment l’impression d’avoir été posées sur les dunes, ont en fait jailli il y a environ 30 millions d’années et, depuis, ont subi le poids du temps et de l’érosion. Lorsque l’on découvre les trésors naturels du Wadi Rum, on comprend pourquoi l’homme a cherché à maîtriser la taille de cette roche dans un site comme Pétra, afin de sublimer ce qu’avait déjà fait la  Nature.

Nous avons eu beaucoup de mal les 2 premiers jours à nous adapter au régime alimentaire des bédouins, ainsi qu’aux nuits (magiques mais peu reposantes) passées à la belle étoile. Trop bien habitués à nous mettre dans l’estomac quantité de viande et autres produits d’alimentations riches en vitamines, nous avons eu un peu de mal à apprécier la purée de pois chiches quotidienne. Et j’aurais donné cher pour autre chose que la galette de pain au petit déjeuner. Mais après une nuit épouvantable pour Amélie le deuxième jour, et une tourista anthologique pour moi le lendemain, on a fini par trouver notre rythme. On a réussi à mieux dormir (à partir de la 3ème nuit, on a troqué la voûte étoilée contre une tente qui nous évitait à minima les désagréments du sable et nous rassurait un peu face à la multitude de bébêtes qui laissaient des dizaines de traces partout autour de nos duvets la nuit). On a aussi appris à réchauffer les galettes de pain avec le feu, on a savouré sans modération le thé délicieux au goût unique préparé à chaque pause de la journée. Bref, on aurait pu devenir d’authentique bédouin si on avait appris la langue !

Les chevaux étaient d’authentiques arabes, et on peut dire que la réputation de la race n’est pas usurpée ! Ils avaient de l’énergie à revendre, et on se souviendra un moment, de nos galops plus ou moins groupés ou parfois en solitaire, en plein milieu du désert. Tout le monde va s’en souvenir !



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