Solutions Locales pour un désordre responsable

Amélie et ses graines de Soja

Hier j’ai réussi à sortir ma moitié de son antre informatique, enfin… après trois jours de vaines tentatives. J’ai réussi à déconnecter son esprit de son indispensable mac-partenaire pour le coller devant un autre écran, plus grand celui-là. Direction la ville, en voiture, malheureusement les bus de nuit ne sont pas encore arrivés jusqu’à nos petites communes périphériques… et installation dans les confortables fauteuils de notre tout rénové « Cinéma Castillet ».

Eh oui en avant première nous avions l’honneur de recevoir, dans notre bout de France, Coline Serreau. Grande réalisatrice, dont les films sont toujours un peu en avance sur ses contemporains et sur l’écologie en particulier. Vous connaissez probablement Trois Hommes et un Couffin, mais pour ma part le film de Coline Serreau qui m’a le plus marqué, c’est la Belle Verte (1996). D’une manière simple et accessible à tous, elle a dirigé un autre regard sur notre société, son mode consommation, ses excès, ses aberrations… Les prémices du mouvement écologiste au cinéma. Cependant, comme elle l’a très bien dit elle-même hier, la Belle Verte est probablement arrivée trop tôt, les gens n’étaient pas prêts. Cette « utopie » a fait sourire, voir rire… et où en sommes nous maintenant ??

Aujourd’hui elle revient avec son nouveau film Solutions Locales pour un Désordre Global, qui ne pourra pas être affublé d’utopie. Cette fois ce n’est pas une fiction, Coline SERREAU se base sur des faits, du réel, du vécu : 170h de reportages, d’interviews et deux ans de montage.

Elle fait un état des lieux sur l’une de nos substances vitales : notre alimentation ; ou comment en un demi-siècle nous avons tué notre terre nourricière, le sol, à coups de pesticides, d’engrais, de labours, et comment on nous fait chaque jour avaler des couleuvres.

Une terre aérée, c'est une terre qui vie !

Elle met le doigt sur la faiblesse de notre mode de production agricole actuel, notre agro-alimentation, aujourd’hui une industrie, c’est-à-dire « une activité qui produit des richesses grâce à la transformation des matières premières et à l’exploitation des ressources ».

Eh oui une industrie de masse, globale, dont le but n’est plus de subvenir à des besoins vitaux mais de générer des profits monstrueux à ceux qui affament la terre et ses paysans, leur vendant des semences stériles et des produits chimiques qui tue le sol. Ce sol, et toute la vie qui l’accompagne (insectes, vers, bactéries…) qui sont capables eux, seuls, sans intrants de nourrir les plantes et les faire pousser. Oui, mais me direz-vous, ça ne rapporte pas d’argent ! Il a alors a été décidé par l’industrie et les Etats qu’une plante avait besoin d’apport, que les agriculteurs devraient acheter ces apports, et tous les ans acheter les semences qui leur survivent (OGM entre autres…). Eh bien le voilà le moyen de gagner un peu de sous ! Mais à quel prix….

Dans son film, très lucide mais au sujet de notoriété peu publique, Coline Serreau ne fait pas que poser un constat alarmiste, nous laissant dans une profonde déprime sur l’avenir du monde et sur le « mais qu’est ce que j’y peux moi ? ». Elle met en valeur, non pas une régression vers des méthodes archaïques, mais plutôt un retour à des méthodes naturelles, préservant la santé et l’emploi des gens. Et ces techniques ont fait leurs preuves un peu partout dans le monde grâce à des gens comme Claude Bourguignon, Pierre Rhabi et tant d’autres, moins connus mais essentiels ! Ces agriculteurs qui contre vents et marées résistent aux États et aux industriels ; ces scientifiques, qui ont gardé leur autonomie et leur objectivité, ces économistes qui ont su regarder au-delà du capitalisme… Ils nous montrent et nous démontrent que la biodiversité, dont les Nations Unies lui ont consacré l’année 2010, c’est à la fois l’engrais, le fertilisant et le pesticide de la culture biologique. Et c’est naturel, non nocif, et gratuit !

Elle nous explique également en quoi nous n’avons aucune autonomie alimentaire, c’est à dire qu’en cas de pépins au niveau des importations, de matières premières ou de produits transformés, nous avons moins d’un mois avant d’avoir « les greniers à secs » ou plus moderne les rayons de supermarchés vide !

Mais ces sujets sont tabous et bien peu diffusés dans les médias « grand public ». Alors finalement c’est à nous de sortir du moule dans lequel on veut nous mettre ! Oui, des solutions existent, oui des solutions se mettent en place, et devinez-quoi ?? Il y en a près de chez vous ! Renseignez vous, peut-être qu’à quelques pas existe-il déjà une AMAP ! C’est une association de consommateurs passant un contrat avec un producteur qui permet, à l’un de vivre de sa production, et aux autres de bénéficier d’une alimentation saine.

Ce n’est qu’un exemple Coline Serreau en donne beaucoup d’autres et en parle très bien. Je le redis ce film est accessible à tous et positif ! Ma moitié, qui rechigne assez souvent pour aller voir les écolos-films, est ressortie convaincue et motivée, alors à vous ! Allez voir le film, allez vous informer sur ce qu’on met dans vos assiettes, et ne surtout ne sous estimez pas votre pouvoir de consomm’acteur !



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